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SANTE
Publié le 09 janvier 2019
SANTE
Publié le 09 janvier 2019

Les ‘problèmes mentaux’, quels qu’ils soient, ne sont jamais anodins, surtout pas au travail…

Gérez-les rapidement et ne les ignorez surtout jamais ! 

Les problèmes psychosociaux, du genre burnout, dépressions et/ou troubles anxieux, sont aujourd’hui largement répandus dans le monde du travail. Les cas pullulent, les certificats pleuvent, les milieux économiques subissent ! Une étude récemment menée en Belgique révèle que la plupart des entreprises sont désormais plus ou moins largement confrontées à ces problèmes… sans nécessairement être (bien) préparées ni savoir par quel biais attaquer la déferlante. Pire, il semble qu’une entreprise sur trois - seulement ! - dispose d’une stratégie claire sur le sujet, à savoir un plan de prévention psychosociale. 

Concrètement, nul ne conteste bien sûr, de nos jours, qu’il faut absolument prendre le sujet à bras-le-corps, notamment par exemple en adoptant une véritable approche structurelle sur le sujet en entreprise. D’aucuns insistent même sur le besoin (la nécessité) de mettre en place un véritable accueil en bonne et due forme pour les travailleurs qui souffrent de ces fameux problèmes psychosociaux. Et sans attendre encore ! Car les premiers secours, en cas de ‘problèmes mentaux’, devraient être, beaucoup s’accordent à le dire, une pratique généralement établie. Et pour cause, l’impact de telles situations est non seulement important en terme de bien-être des collaborateurs… mais il est aussi, en l’espèce, largement question de productivité et d’absentéisme, des points cruciaux pour n’importe quelle organisation, vous en conviendrez… 

Source de l'absentéisme…

Savez-vous par exemple que 70 % des entreprises qui connaissent les causes de l'absentéisme en leurs murs indiquent que les problèmes mentaux en font partie ! Ce n’est donc nullement là un épiphénomène, que du contraire. Et plus le nombre de collaborateurs augmente, plus la chose est claire. À telle enseigne qu’au-delà de 100 personnes sur payroll, les ‘problèmes mentaux’ sont presque sans exception un facteur d'absentéisme (98 %), notamment le burnout et le stress, deux causes identifiées comme majeures en terme d’absentéisme (80 %). Mais ce ne sont pas les seules, précisons-le, les problèmes d'ordre privé, comme le divorce ou le deuil (70 %), ainsi que la dépression (59 %), caracolent juste derrière… un quart des patrons citant aussi les conflits, le harcèlement ou encore les addictions.

Les organisations subissent le problème !

Si ces problèmes sont connus, leur gestion, par contre, n’est pas systématique : seule une organisation sur trois dispose actuellement d'un plan de prévention en la matière. Il s'agit pourtant là d'un aboutissement logique de l'analyse des risques psychosociaux, ou, du moins, ce devrait être le cas. Hélas, ce n’est donc pas une constante, surtout pas au sein des PME. Or c'est surtout dans ce monde des petites et moyennes structures, et bien sûr également des TPE, que ce type de plan fait défaut. L’étude nous apprend encore qu’un peu plus de 80 % des organisations n'ont aucun plan de prévention. Quatre sur dix (dont une PME sur deux) estiment de toute façon être incapables de mettre elles-mêmes en place une telle politique de prévention psychosociale. Et le constat n’est guère plus brillant dans les grandes entreprises, qui rencontrent elles aussi le problème !

La formation en tant qu'investissement durable…

65 % des entreprises estiment encore que les supérieurs hiérarchiques doivent être aptes à mener un entretien personnel avec des travailleurs en difficulté et les orienter vers un professionnel. Sauf que les supérieurs hiérarchiques ne sont généralement pas formés pour reconnaître les signes révélateurs des problèmes psychosociaux. Il semble quand même que 7 organisations sur 10 puissent compter à ce sujet sur une personne de confiance, à l'écoute de toute personne qui ose faire le pas pour évoquer ses problèmes… mais les supérieurs hiérarchiques - qui sont les yeux et les oreilles de chaque département, ndlr - doivent aller un pas plus loin et détecter de manière proactive les problèmes mentaux. S'ils interviennent à temps, autrement dit s'ils (re)connaissent les problèmes, prêtent une oreille attentive et orientent au besoin la personne concernée vers un professionnel, ils peuvent sans doute induire un vrai changement… et prévenir l'absentéisme. 

Il est temps d'agir ! 

Malheureusement, nous n'en sommes pas encore là. Dans le monde du travail, les problèmes mentaux sont encore (trop) largement ignorés. Il est pourtant moins coûteux, et moins contraignant, de prévoir des mesures de prévention et des formations que d'assumer le coût et les inconvénients de l'absentéisme de longue durée. Les organisations qui, au lieu d’ignorer la question, s’y attaquent de manière rapide, adaptée et structurelle, sont celles qui obtiennent des résultats dans la lutte contre l'absentéisme évitable. Pensez-y, pour le bien de votre personnel et celui de votre entreprise.

En collaboration avec Gretel Schrijvers,
Docteur en médecine,
Directeur Général Mensura SEPP 

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