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TRANSMISSION
Publié le 02 septembre 2021
TRANSMISSION
Publié le 02 septembre 2021

Transmission d’entreprise…

Est-ce le bon moment pour envisager la cession ?

Comme chaque année à pareille période, le centre de recherche de la ‘Vlerick Business School’(VBS) publie, en collaboration avec la Sowalfin-Transmission, BDO et la banque Van Breda, un rapport sur l’évolution du marché de la transmission d’entreprises au niveau belge.

En cette année particulière de pandémie, il nous semblait important de revenir sur les principaux constats de l’évolution de ce marché particulier où, en raison du covid, l’année 2020 s’est passée comme ailleurs en deux temps, avec un sévère recul au premier semestre… pour une reprise au second. Analyse…

Prise en charge d’une partie du risque par le cédant

Lorsque les marchés vont moins bien, les moins pressés attendent… quand les autres se pressent et, pour cela, font des concessions. En 2020, vu les grosses variations sur les marchés, les cédants qui voulaient vendre ont en effet été contraints de faire quelques concessions pour pouvoir vendre leur entreprise. On notera ainsi, entre autres, qu’ils ont dû - plus que d’habitude encore - assumer une partie des risques aux côtés du repreneur.

Earn-out : l’effort du cédant !

Concrètement, il s’est ainsi avéré que l’usage des clauses d’earn-out a augmenté en 2020 ! Pour rappel, la clause d’earn-out permet à l’acquéreur de payer un complément de prix en fonction des performances opérationnelles futures de la société cédée. Cela suppose quelque part de rendre une partie du prix de l’entreprise variable… et de limiter les risques côté acheteur. Alors que 26 % des répondants à l’étude déclaraient avoir eu recours aux clauses d’earn-out en 2018, ce pourcentage est passé à 31 % en 2019, pour culminer à 36 % en 2020 ! La durée la plus souvent prévue pour le paiement de cet earn-out était de 19 à 24 mois (seuls 2 % des dossiers étudiés prévoyaient un earn-out sur une durée supérieure à 3 ans).

Crédit vendeur… l’autre coup de pouce

Ajoutons, par ailleurs, que l’on a également dénombré en 2020 une augmentation du nombre de dossiers pour lesquels des crédits vendeur avaient été demandés. Pour rappel, un crédit vendeur est une opération par laquelle le cédant octroie au repreneur (le cessionnaire) un prêt pour financer une partie du rachat de l’entreprise. D’après les experts, 43 % des repreneurs auraient fait appel à un financement partiel du cédant en 2020, contre seulement 35 % en 2019. Ce qui nous pousse à nous interroger sur le pourquoi des décisions de cession, y compris en terme d’empressement à précipiter les choses…

Raison de la vente

Parmi les raisons principales qui sont épinglées pour expliquer (justifier !?) la vente d’une entreprise, on retrouve toujours, dans l’ordre d’importance, l’approche de l’âge de la retraite, la recherche d’augmentation du potentiel de croissance via un nouvel investisseur ou encore la nécessité de consolidation du secteur. En bref, très peu de choses changent sur le sujet… avec d’abord et avant tout le vieillissement des profils !

Accompagnement : un choix aléatoire !

Ce qui interpelle se loge cependant dans l’accompagnement. En effet, on s’aperçoit sur le sujet qu’au plus le dossier est petit, au moins le cédant reste pour accompagner le repreneur. Ainsi, alors que 64 % des cédants des dossiers de 5 à 20 millions d’euros de valorisation demeurent dans les murs pour accompagner à la reprise, ils ne sont déjà plus que 46 % pour les dossiers de 1 à 5 millions… et seulement 39 % pour les dossiers de moins d’1 million. Dans tous les cas, il faut être conscient qu’à dater de la vente, c’est bien le repreneur qui reprend la main. Il en résulte que, même si le patron qui cède sait (veut) se montrer disponible, c’est toujours au final le repreneur qui décidera de la nécessité et de l’intensité de cet accompagnement, et donc de l’issue de la collaboration post-cession.

Evolution de la valorisation des sociétés

S’agissant maintenant de la valorisation des entreprises, il apparaît clairement que le mouvement a quelque peu subi les conséquences de la pandémie. Dans les faits, l’an dernier, les entreprises se négociaient en moyenne à un multiple de 6.4 * l’EBITDA… contre 6.5 en 2019. En l’espèce, sur ce sujet précis pour le moins important, ce sont surtout les entreprises de plus petite taille (moins d’1 million d’euro de valorisation) qui ont été le plus impactées : 47 % des répondants à l’étude déclaraient que ces dossiers avaient vu leur valorisation chuter de plus de 20 %. De leur côté, les plus grandes entreprises ont quant à elles été, en moyenne, plus résistantes.

Quid de la valorisation réelle en fonction de la taille de l’entreprise ?

Les répondants à l’étude soulignent ainsi que les entreprises de taille plus importante se négocient à des multiples de l’EBITDA plus élevés que les plus modestes. D’après les 173 experts interrogés par la VBS (Vlerick), les dossiers de moins d’un million d’euro se négociaient en moyenne à une valorisation de 4,2 * l’EBITDA l’an dernier ! En 2020, ce multiple moyen montait à 5,4 pour les dossiers entre 1 et 5 millions d’euros, à 6,3 pour les dossiers entre 5 et 20 millions, à 7,8 pour les dossiers entre 20 et 50 millions, et à 8,6 pour les dossiers entre 50 et 100 millions d’euros !

La valorisation des entreprises en fonction du secteur

Evidemment, au-delà de la taille de l’outil, c’est aussi le secteur qui compte (et influence) au moment de s’engager dans un processus de cession. Et pour cause, sachez- le, le secteur d’activité a également un impact sur les multiples qui sont appliqués par rapport à l’EBITDA. Or, en 2020, et ce n’est aucunement un hasard, ce sont surtout les entreprises du secteur des technologies, de l’industrie pharmaceutique et des soins de santé qui ont été recherchées. Comme le graphique ci-dessous en témoigne, les multiples relevés dans ces secteurs étaient bien supérieurs à ceux relatifs à tous les autres.

Rebond en 2021 ?

Cette étude le souligne, mais nous l’avions évidemment remarqué sur le terrain, le marché de la transmission a, l’an dernier, réagi aux turbulences causées par le covid. Les conséquences se sont traduites au niveau des valorisations, des durées des transactions (qui se sont quelque peu allongées) ou encore des négociations avec les cédants (par exemple, au niveau de crédits vendeur ou de clauses d’earn-out). Tout cela pour tout dire que 2020 ne restera pas dans les annales statistiques. La bonne nouvelle, c’est que 71 % des experts en transmission s’attendent à une hausse de leurs activités pour 2021.

Les chiffres des uns ne sont pas ceux des autres

Sur le terrain, de notre côté, nous insistons quant à nous sur le fait que cette étude repose sur des chiffres moyens et que la réalité d’une entreprise n’est pas toujours celle de la voisine. Ainsi, pour des comptes BNB publiés sur papier qui sont relativement similaires, il peut y avoir dans les faits des différences très importantes, par exemple au niveau des rémunérations et avantages des dirigeants, des frais exceptionnels, de la structure de management, ou encore au niveau de la dépendance à un client particulier. Ce qui, avouez-le, peut grandement changer la donne et influencer la vente de telle entreprise plus facilement que telle autre.

Préparation : toujours !

Alors, répondre à la question de la vente, et savoir si c’est le bon moment ou pas, ne nous paraît nullement lié au covid ou à un quelconque rebond. L’offre et la demande sont toujours une réalité subjective qui répond à une envie de part et d’autre. Ce que nous retenons, et ce sur quoi nous insistons, tient plutôt à la préparation au processus qui demeure la clé d’une transmission réussie. Dans tous les cas, plus vous serez préparé et mieux vous connaîtrez les règles du jeu du marché de la transmission, plus grandes seront les chances de réussite de votre projet de cession. Vous souhaitez avoir un premier regard sur la question de la transmission de votre société ? N’hésitez jamais à faire appel à nous, et dites-vous qu’il n’est jamais trop tôt !

Plus d’infos :

Service transmission - Benoît Lescrenier - Tél. : 0496 55 70 88 - benoit.lescrenier@ccilb.be

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