Partager

Publié le 18 novembre 2019
Publié le 18 novembre 2019

L'économie circulaire est déjà ancrée dans notre réalité de terrain...

L’industrie agroalimentaire peut, elle, par exemple, y puiser de quoi se réinventer !

Nourrir presque 10 milliards d’humains d’ici 2050, tout en réduisant l’impact environnemental et les émissions de gaz à effet de serre, voilà le programme des 30 prochaines années pour le secteur agroalimentaire. Pas simple, vous en conviendrez. Heureusement, des solutions existent et ne demandent qu’à être mises en place. Grâce à son approche globale, l’économie circulaire offre en effet des pistes de salut. Ainsi, de l’extraction des ressources à la gestion de la fin de vie du produit, en passant par les symbioses industrielles vertueuses, des solutions existent, en pagaille, certaines sont déjà à l’oeuvre. Reste sans doute à réinventer le modèle…

Il semble en effet aujourd’hui évident que repenser le secteur agroalimentaire au travers du prisme des principes de l’économie circulaire aurait de nombreux avantages, qu’ils soient d’ordre économiques, sociaux ou environnementaux. Des milliers d’initiatives, en Europe et plus loin, voient d’ailleurs le jour depuis plusieurs années. Les start-up à impact positif se comptent même désormais par centaines. Elles réinventent le secteur, repensent l’industrie, bousculent les codes. En 2019, on construit de vraies usines de bio-méthanisation, on utilise de la paille pour construire des maisons, on crée des symbioses industrielles pour économiser l’eau, on valorise les résidus brassicoles, on fabrique du plastique à base de protéine de lait, on gère les invendus via des applications mobiles… Oui, la transformation est en marche !

Tournant capital…

Notre monde semble en fait vivre un tournant sans précédent. On le sait, l’homo sapiens a de tout temps construit son mode de vie autour de l’alimentation. Chasseur, chasseur-cueilleur, éleveur, il a évolué au fil des époques, puis a bâti la civilisation que nous connaissons aujourd’hui pour pouvoir assurer son premier besoin vital: manger. Choisir d’implanter un village près d’une rivière pour bénéficier de ses apports et de son eau pour cultiver de la nourriture, faire commerce de nourriture avec son voisin en échange d’un service ou déserter un village pour éviter la famine sont autant de décisions qui ont forgé la civilisation et le monde que nous connaissons.

Il faut réagir !

Or, ce monde, aujourd’hui, il fait face à de nombreux - et nouveaux - défis. Les effets du changement climatique sur le secteur agroalimentaire se font déjà sentir: épuisement des ressources, pénuries d’eau, phénomènes climatiques destructeurs de plus en plus nombreux (tempêtes, orages violents…), et des terres qui s’appauvrissent en raison de l’essor de la monoculture. On peut multiplier les exemples à l’envi. Pour réduire l’impact du changement climatique déjà à l’oeuvre, le défi de l’humanité est toutefois assez simple: il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030, et atteindre une neutralité carbone d’ici 2050 !

L’agriculture : véritable opportunité pour réduire les émissions mondiales

Et, justement, il y a des biais à explorer pour atteindre de tels objectifs, et des secteurs privilégiés qu’il faut absolument convaincre. À lire les rapports des experts, il semble ainsi que l’agriculture, la foresterie et les autres affectations des terres (AFAT) représentent aujourd’hui 24 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Pour l’exemple, saviez-vous que les émissions de l'agriculture et de l'élevage étaient passées de 4,7 milliards de tonnes d'équivalent CO2 en 2001… à plus de 5,3 milliards en 2011. Cette hausse significative (14 %) est d’autant plus intrigante que, si l’on parle sans arrêt de ces questions depuis une quinzaine d’années, la conscientisation au problème n’a aucunement freiné l’expansion des productions agricoles, notamment dans les pays en développement. Cela dit, les émissions nettes de gaz à effet de serre dues aux changements d'affectation des terres et à la déforestation ont affiché un recul de près de 10 % au cours de la période 2001-2010, soit en moyenne 3 milliards de tonnes d'équivalent CO2/an.

Opportunité économique, sociale et environnementale

Maintenant, il y a des pistes de salut. Les principes de l’économie circulaire sont entre autres une réponse à ces grands défis. D’une part, celle-ci fait baisser les émissions de gaz à effet de serre. Une récente étude a d’ailleurs montré qu’une économie entièrement circulaire pourrait réduire de 72 % les émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale. Et puis, il semble qu'une telle économie permette de préserver la valeur et la qualité intrinsèque des produits, des composants et des matériaux à chaque étape de leur utilisation. La question est de savoir comment ! Enfin, peut-être aussi, ce qu’est l’économie circulaire, qui est bien plus étendue qu’une simple meilleure gestion de ses poubelles.

Nouvelle économie !

Qui dit économie circulaire sous-tend de concevoir et de repenser la chaîne: écoconception, symbioses industrielles, réutilisation, réparation, nouveaux modèles économiques… En fait, autant de solutions qui permettent de repenser les étapes et d’en tirer de nombreux bénéfices. Et cela ne se cantonne pas à l’environnement. On y prône aussi bien l’anticipation des risques que la manière d’y faire face (pénuries de ressources et de matières premières, taxes environnementales, législation de plus en plus contraignante…). Cette nouvelle économie ouvre également des opportunités économiques en donnant accès à des financements, en permettant la génération de nouveaux revenus (en valorisant des matières, des cultures intermédiaires et des déchets). En 2016, l’économie circulaire a employé plus de 4 millions de personnes, 6 % de plus qu’en 2012. La transition vers l’économie circulaire offre de nouvelles opportunités aux entreprises : elle a généré près de 147 milliards d’euros de valeur ajoutée pour un investissement de 17.5 milliards. 

Meilleure image 

Au-delà, elle permet de réaliser des économies et donne une meilleure image à l’entreprise, ce qui lui permet d’augmenter ses revenus et d’avoir une longueur d’avance en matière de recrutement de personnel, toujours en quête de plus de sens. L’économie circulaire est forcément une opportunité environnementale puisque les ressources sont optimisées, que la notion de déchets disparait et que les émissions de gaz à effet de serre sont réduites. En matière d’opportunités sociales, elle permet la relocalisation d’activités, les symbioses industrielles et territoriales... et crée de l’emploi.

Repenser et optimiser

Concrètement, comment faire ? Le duo gagnant est de repenser et d’optimiser. Dans le secteur agroalimentaire, économie circulaire rime avec efficacité matière, efficience industrielle, contribution à l’écosystème territorial, rotation des cultures pour limiter l’utilisation d’engrais, utilisation raisonnée des pesticides, écoconception, méthanisation, compostage des déchets organiques, limitation du transport et du stockage, économie industrielle, recyclage et gestion des déchets… 

Il y a du boulot !

Pour conclure, nous dirons que l’agriculture, bien que responsable du quart des émissions de gaz à effet de serre, regorge de solutions innovantes pour les réduire drastiquement. Les solutions qui mettent en action les principes de l’économie circulaire fonctionnent : valorisation, bio méthanisation, recyclage, symbioses industrielles, gestion efficace de l’eau, optimisation des ressources… Outre la réduction de l’impact environnemental, ce sont des économies d’argent, de ressources et de nouvelles sources de revenus qui sont à l’ordre du jour pour les entreprises du secteur. En parallèle, les start-up qui veulent réinventer le secteur se comptent aujourd’hui par centaines et elles s’imposent ! Les solutions sont là, il ne reste plus qu’à les faire connaître, les vulgariser et les multiplier.

Publiés récemment

Espace membre Contactez-nous
Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge asbl – TVA : 0413204756 - Conditions d’utilisation et protection des données personnelles | 2015 - Webmade | Mise à jour : CCILB