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UTILE ET AGREABLE
Publié le 19 juillet 2019
UTILE ET AGREABLE
Publié le 19 juillet 2019

Il y a 50 ans, l'homme marchait sur la lune...

En juillet ’69, le monde entier n’avait alors d’yeux que pour cet exploit !

On dit souvent que la plupart des gens cristallisent certains événements historiques, souvent tragiques d’ailleurs, dans un coin de leur mémoire, se rappelant même de nombreuses années plus tard ce qu’ils faisaient au moment précis où les choses se sont passées, par exemple le 11 septembre 2001, à l’échelle mondiale, ou le 31 juillet 1993, à la dimension belge.

D’aucuns se souviennent sans doute d’une victoire sportive, du passage de telle vedette ou de telle personnalité en Belgique. Chacun a ses passions, sa mémoire sélectionnant ce qui compte le plus à ses yeux. Pourtant, il y a (très) fort à parier que tous ceux qui étaient en âge de comprendre… n’ont pas oublié la nuit du 20 au 21 juillet 1969. La plupart se rappellent où ils étaient, avec qui et même comment ils ont goûté au rêve d’Apollo 11, quand le trio Armstrong, Aldrin et Collins a décroché la lune.

À la radio, à la télé en noir et blanc, dans un café, chez des voisins… le monde entier a non seulement rêvé d’étoiles ce soir-là, mais certains les ont quasi touchées…

Folle aventure

Pour nous, petits Belges, le 20 juillet 1969 avait déjà commencé sur les chapeaux de roue (du tour). En effet, alors que le défilé de la fête nationale se préparait pour le lundi dans les rues de Bruxelles, le dimanche offrait à la Belgique le septième ciel grâce à la victoire de son prodige Eddy Merckx. Celui que l’on ne surnommait pas encore le cannibale venait de signer un véritable exploit en s’imposant sur les Champs-Elysées, clôturant un Tour de France palpitant, ponctué d’étapes mémorables comme celle emmenant les coureurs de Luchon à Mourenx. On l’a dit, nous étions au ciel, comme déjà le 15 juin, quand une autre idole de la jeunesse noir-jaune-rouge, un certain Jacky Ickx, s’était imposé, pour la première fois, aux 24 heures du Mans.

Nous étions au ciel… mais pas dans le ciel, où se trouvaient déjà, et depuis plusieurs jours, les astronautes américains partis de Cap Canaveral. En fait, c’est quatre jours plus tôt, c’est-à-dire le 16 juillet, que le lanceur Saturn V, un engin pesant plus de 3.000 tonnes, décolle du complexe de lancement 39, situé en Floride. Une foule d’un million de spectateurs est amassée sur les routes et les plages. Le bruit du lanceur est si assourdissant que personne n’est autorisé à se trouver à moins de six kilomètres du pas de tir. L’engin impressionnant, dont les vibrations seront ressenties jusqu’à New York, emmène Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins à bord du vaisseau Apollo 11.

Un moment historique

Après un transit entre la terre et la lune d'une durée de quatre jours sans anomalie, deux des astronautes de la mission, à savoir Armstrong et Aldrin, embarquent alors à bord du module lunaire Apollo, baptisé Eagle, pour entamer leur descente vers le sol lunaire. C’est eux qui vont avoir le privilège de poser le pied sur l’astre. Michael Collins, coéquipier pilote, restera, lui, en orbite dans le module Columbia. Quant à ses deux compères, ils vont vivre le rêve ultime. En tout cas, quand le module lunaire, le fameux LEM, se posera dans la mer de la Tranquillité, pas tout à fait à l’endroit exact planifié au sol. Mais l’alunissage se passe sans encombre. Nous sommes le dimanche 20 juillet 1969, il est 20:17, heure de Floride. Au centre de contrôle de la NASA, au Texas, une voix retentit alors dans l’immense salle où sont postés les ingénieurs et autres scientifiques qui ont oeuvré sur le projet « Houston, ici la base de la Tranquillité. L'Aigle a aluni… » Il ne reste dans les réservoirs qu’environ 20 secondes du propergol réservé à l'atterrissage, l’endroit initialement identifié se trouve à 7 kms de là, mais qu’importe. Qu’importe parce que le moment est magique. Magique pour les hommes qui ont relevé avec succès le défi lancé 7 ans plus tôt par John Fitzgerald Kennedy, jeune président des Etats-Unis. Magique pour le monde entier qui se prend à rêver devant cet exploit. Magique pour l’humanité qui retiendra la phrase d’Armstrong, semble-t-il pensée seulement quelques minutes avant de sortir du LEM : « C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité ». À ce moment très précis, partout dans le monde, la joie éclate. Beaucoup d’observateurs diront même que jamais auparavant l’humanité n’avait été aussi rassemblée autour d’un événement. Sur la lune, à son tour, Aldrin, le farceur de l’expédition, qualifiera, lui, le panorama de « magnifique… désolation » montrant qu’au fond il y a toujours différentes lectures d’un même fait, d’un même événement, d’une même vision ! 

L’aboutissement d’un rêve

Ces hommes collecteront 22 kilos de roches, prélevant des échantillons du sol et déployant du matériel d’analyse en pagaille. Pourtant, ils ne resteront guère sur le sol de l’astre lunaire, moins de vingt-deux heures en tout. Ils déposeront des messages de paix venant de plus d’une septantaine de nations, feront des photos (il en existe cinq d’Armstrong) qui raviront les magazines une fois qu’ils seront revenus, planteront la bannière étoilée, ce qui convaincra plus tard les sceptiques qu’ils n’y sont jamais allés, le drapeau ne pouvant flotter sur l’astre, or les pliures dans le tissu laisseront à penser qu’il flottait (ce qui est impossible faute d’atmosphère et donc de vent), c’est ce qu’on appellera la théorie du complot. Moins d’une journée plus tard donc, les marcheurs de la lune rejoindront Collins en orbite, Apollo 11 amerrissant dans le Pacifique trois jours plus tard. En cette fin juillet 1969 qui n’avait rien d’érotique, mais qui était plutôt épique, la course à la lune venait donc d’être gagnée par les USA qui triomphaient devant l’URSS. Ce que peu de gens savent encore de nos jours, c’est que les Russes ont essayé jusqu’au dernier moment, comme pour une classique compétition sportive, de damer le pion aux Américains. Ainsi, trois jours avant le départ d’Apollo, c’est-à-dire le 13 juillet, l’URSS a lancé une sonde automatique, baptisée Luna 15, avec pour mission de rapporter des fragments de sol lunaire… avant les Américains. Cette sonde s’écrasera lamentablement au sol au moment où Armstrong et Aldrin regagnaient leur vaisseau ! Revenus sur terre, les astronautes resteront eux en quarantaine pendant dix-sept jours, malgré la faible probabilité qu’ils aient pu contracter des maladies ou rapporter des microbes, le principe de précaution sera appliqué les isolant finalement plus sur terre qu’ils ne l’avaient été en orbite et sur la lune. Deux mois après leur retour, à l’automne, les trois hommes mesureront à travers le monde, au cours d’une tournée triomphale qui allait les emmener à travers le globe, l’immense popularité que ce court voyage leur avait donnée. Armstrong est décédé en 2012, Aldrin a aujourd’hui 89 ans et Collins 88, mais ils restent les premiers héros de la victoire lunaire.

Une quête qui avait débuté bien avant…

Pourtant, les jalons de la conquête spatiale n’ont pas été posés à cette époque. Chacun se rappelle des missions russes, de la chienne Laïka et du fameux programme Spoutnik. À ce moment, c’est-à-dire au coeur des années ’50, l’URSS domine l’espace. En 1957, le premier être vivant mis en orbite autour de la terre, cette chienne qui mourra pendant son vol, a bel et bien été lancé par l'URSS à bord de l'engin spatial Spoutnik 2. Plus tard, rebelote, c’est un homme cette fois, un certain Youri Alexeïevitch Gagarine, qui sera le premier être humain à effectuer un vol dans l'espace, au cours de la mission Vostok 1, le 12 avril 1961. Une réalité qui heurta alors les Etats-Unis de plein fouet, blessés dans leur grandeur. Kennedy, tout jeune président (il avait été élu en janvier 1961, soit deux mois avant l’exploit de Gagarine, ndlr), promit à son pays de rayer l’affront. Il prononcera un discours resté célèbre l’année suivante, en 1962, à l’Université Rice de Houston. En substance, il reprenait en le complétant une partie de son discours d’investiture au Congrès, ce discours historique commençait par ces mots : « We choose to go to the Moon » (littéralement « Nous choisissons d'aller sur la Lune »). Pour faire simple, Kennedy va alors promettre à l’Amérique de voir l’un des siens marcher un jour sur la lune. Il ajoutera même avant la fin des années ’60 mettant une vraie pression sur la NASA, en retard malgré les succès (et les échecs) des célèbres programmes Mercury (1959-1963) et Gemini (1963-1966) ! L’époque était alors à la conquête, l’époque était aussi à la course. Comme aujourd’hui d’ailleurs, car alors que certains évoquent à moyen terme une possible odyssée vers Mars, Européens, Chinois, Russes et Américains (re)parlent de s’en aller (re)conquérir la lune. Ont-ils raison, ou ont-ils tort, allez savoir… La science, le défi technologie et la suprématie mondiale sont certainement au prix de cette volonté, même si des voix s’élèvent désormais pour s’interroger sur une conquête qu’une frange de la population estime dépassée à l’heure où une partie (importante) du globe vit toujours dans la plus grande misère. On ne peut cependant cacher que le défi lunaire reste une sorte de quête du graal pour la terre entière, des générations et des générations d’astronautes (américains), de cosmonautes (russes), de pilotes et de citoyens lambda en ont rêvé et en rêvent encore, alors qu’ils sont en tout 12 seulement à l’avoir fait, Armstrong et Aldrin les premiers, puis Charles Conrad et Alan Bean (Apollo 12), Alan Shepard et Edgar Mitchell (Apollo 14), David Scott et James Irwin (Apollo 15), John Young et Charles Duke (Apollo 16), ainsi qu’Eugene Cernan et Harisson Schmitt (Apollo 17). On ne manquera pas aussi en ces lignes de saluer la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie à ce rêve, côté russe comme américain, ainsi que tous les astronautes des programmes qui suivront qui perdront eux aussi la vie pour la conquête non pas de la lune… mais de l’espace.

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