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PROMOUVOIR L’ENTREPRENEURIAT DANS LES ÉCOLES. QUELLES SOLUTIONS PRATIQUES?


Lors du salon Passion & Entreprise, au mois d’avril dernier, vous vous en souvenez peut-être, la conférence «promouvoir l’entrepreneuriat dans les écoles - quelles solutions pratiques?» avait retenu l’attention d’un public nourri. Les conclusions méritaient donc de figurer au sommaire d’un numéro dont le supplément porte sur l’enseignement car s’il ne fait aucun doute que l’école offre souvent un avant-goût de ce que réserve la vie, l’entreprise, quant à elle, s’avère toujours en être une école. Et dans ce cadre, l’objectif poursuivi lors d’une telle conférence était bien d’assurer une rencontre entre les représentants du monde de l’enseignement et celui des entrepreneurs de la province, afin d’échanger des idées et de trouver des solutions pratiques, susceptibles de rapprocher l’un de l’autre des métiers apparemment éloignés, mais finalement assez proches

La nécessité de l’entreprise

S’il n’échappe à personne que l’entreprise est l’un des moteurs de tout développement économique durable, il convient aussi de s’accorder sur le sens du mot «entreprendre». En effet, les projets à visée économique sont certes capitaux, mais n’importe quel autre domaine de la vie peut aussi servir de cadre à l’entreprise dans son sens le plus large. Là, les choses prendront une toute autre dimension puisqu’il s’agira plutôt de finaliser un projet de vie, que ce soit dans le secteur des loisirs, du sport, de la culture... Et l’objectif ne sera pas nécessairement de convaincre les élèves de l’absolue nécessité de créer une entreprise, il s’agira davantage de susciter un état d’esprit créatif, un goût du risque, l’envie de mener des projets ou de relever des défis, bref de susciter l’envie d’entreprendre.


Charges lourdes

Hélas, les problèmes auxquels se heurtent les enseignants sont multiples et les sollicitations qui leur sont faites paraissent presqu’insurmontables. Evidemment, la mission principale dévolue au monde de l’école touche toujours à l’acquisition de connaissances, mais en dehors de cela, les demandes qui lui sont formulées s’éparpillent entre éducation, sensibilisation, présentation et… esprit d’entreprise. Les directeurs eux-mêmes estiment être submergés d’informations nécessitant certains choix. Aussi, ils le regrettent, mais dans l’état actuel, il ne leur est pas possible d’ajouter un travail complémentaire d’animation dans le programme officiel. En conséquence, l’initiative doit nécessairement venir des entreprises.


Image à parfaire

Sollicités parce qu’ils sont au cœur de la problématique, les étudiants ont une vue assez parcellaire du métier et des préoccupations patronales. Pour eux, l’image du patron auprès du milieu estudiantin se doit d’être mieux présentée car elle ne suscite pas d’emblée un réel engouement! Actuellement, ce serait même plutôt le contraire et les charges liées à la prise de risques, au temps de travail ou à la réalité «les mains dans le cambouis» semblent en rebuter plus d’un. Les patrons, confortant l’opposition de ces deux mondes, remarquent que les meilleurs élèves ne font pas toujours les bons entrepreneurs. Ainsi, sans idéaliser certains comportements, ils notent que des «cancres» sont parfois plus appréciés en stage que leurs condisciples catalogués «intellos». Ne généralisons pas, mais soulignons que de telles évidences existent et que les encouragements débouchent peut-être sur des réalités gratifiantes...


Valeur d’exemple…

Rompus à un modèle économique où l’on ne s’embarrasse pas toujours de concepts vérifiés, les entrepreneurs reprochent à l’école une approche trop académique et trop théorique lui ôtant la partie «rêve» qui pourrait faire germer et nourrir la motivation. Selon eux, il convient d’insister sur la matérialisation possible de tout rêve et la valeur de l’exemple. Les entrepreneurs eux-mêmes sont les mieux placés pour transmettre cette part de rêve et la passion qui les anime. Tous les moyens sont donc bons pour faire rencontrer élèves et entrepreneurs!


Abolir les peurs de l’échec

Outre «une bonne volonté» mutuelle, notamment soulignées par la reconnaissance scolaire des valeurs véhiculées par l’entreprise, il semble capital de combattre la culture de l’échec, acceptant que celui-ci puisse déboucher sur un renouveau. En effet, si l’échec était accepté par la société, les jeunes auraient moins peur et se lanceraient plus facilement dans l’aventure. L’encouragement doit donc venir de tout l’entourage des élèves, notamment la famille, les amis ou l’école. Car, contrairement à ce qui était vrai jusqu’ici, la réussite ne doit pas être assimilée à une carrière! Inévitablement, bien sûr, un tel changement passe aussi par la revalorisation des filières techniques et professionnelles. Déjà, les initiatives se multiplient : DREAM, Perle, Passion & Entreprise, les mini-entreprises, la Journée Découverte Entreprises, les témoignages de l’UWE... Il ne reste qu’à articuler les démarches entreprises afin de déboucher sur la conscientisation des uns et des autres, histoire de faire naître le projet d’une véritable «journée pédagogique entreprendre» ou la mise sur pied de formations spécifiques des enseignants aux questions de l’entrepreneuriat. La conclusion est bien là, il est clair qu’il faut développer l’esprit d’entreprise parmi les élèves en les faisant rêver...


Patronnes et patrons, l’École a besoin de vous!

Visiblement, tous les participants à la conférence - entrepreneurs, enseignants et politiques - s'accordent à dire qu'il est indispensable de promouvoir les valeurs de l'entrepreneuriat dans les écoles. C'est déjà un grand pas ! Toutefois, lorsqu'il s'agit de passer à l'acte, la conclusion est que l'initiative ne peut venir aujourd'hui que des entreprises elles-mêmes. Qu'à cela ne tienne, la Chambre de commerce propose d'agir très concrètement, de trois manières:

1. Organiser des visites d'entreprises pour les classes de l'enseignement secondaire. En pratique, il s'agit d'accueillir une classe de minimum 20 élèves pour visiter l'entreprise et dialoguer avec son patron. Nous vous invitons à vous inscrire sur notre liste des entreprises d'accueil.

2. Être «patron-témoin» lors du prochain Salon Passion & Entreprise (printemps 2005). En pratique, il s'agit de consacrer au minimum une demi-journée à rencontrer les étudiants du secondaire qui visiteront le salon.

3. Devenir un «Entrepreneur Free». Il s'agit de consacrer un minimum de vingt heures de présence en classe (par an) pour travailler en tandem avec des professeurs de l'enseignement supérieur. Ce programme est mis en place par la fondation

Free (www.freefondation.be).

Date de publication : 08/07/2004

Pour plus d'informations, contactez :

    La Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg belge
    Grand’Rue 1 - 6800 Libramont - Tél. : +32(0)61 29 30 40 - Fax : +32(0)61 29 30 69 - E-mail : info@ccilux.be

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